Jan 5, 2014

Coup de gueule contre le Guide du routard Tôkyô et Kyôto 2013-2014


[Janvier 2014]
Ca ne m'arrive pas souvent de faire des articles coup de gueule. Je crois même que sur ce blog, c'est la première fois. A vérifier ! Mais celui-ci me parait inévitable et sain. Il est resté dans mes brouillons plusieurs mois, car j'hésitais à le publier. Je le trouvais un peu trop agressif, pour tout dire, car rédigé sous le feu de la colère pendant mon voyage. Finalement, je vous le livre tel quel, puisqu'il illustre plutôt bien les situations décevantes dans lesquelles nous avons pu nous retrouver lorsque nous ne nous référions qu'à ce guide.
Attention, tout n'est pas mauvais dans ce volume, et je vous le recommanderais pour découvrir des restaurants et de bons hôtels ou guest houses lors de la préparation de votre séjour. Mais des oublis et/ou une construction peu claire ont pu transformer un déplacement simplissime en chemin de croix.

[Octobre - Novembre 2013]
Pour mon mois de vadrouille au Japon, j'ai décidé d'emmener 2 guides. Le fidèle, l'indéfectible Lonely Planet, même s'il date de 2010, et le Guide du routard spécial Tôkyô et Kyôto 2013-2014. J'ai acheté ce dernier après mon voyage au Pérou car c'est cette collection qui m'a accompagnée tout le long de mon périple. A part quelques mauvaise blagues du genre "agréable grimpette" pour qualifier des lieux carrément crevants et difficiles d'accès, il était très pertinent et complet. Je pensais donc que ce serait le même niveau de qualité pour le Japon.

Et bien QUE NENNI mes chers amis ! J'ai passé de bonnes heures à grogner contre ce guide dès mon arrivée à Tôkyô. Je l'ai emmené ensuite à Kyôto histoire de vérifier si ce n'était pas moi le problème. Rebelotte ! Et c'est en se reportant sur le Lonely Planet général - oui celui qui parle de tout le Japon quand même - que je finis par trouver ce que je cherche !


Apprendre à faire des plans
Je ne suis pas cartographe, ni spécialiste en géographie des villes, j'attends donc d'un guide que ses cartes soient claires. Surtout dans un pays comme le Japon, où visiblement les cartes est un sport national pas toujours bien paramétré. Dans ce fabuleux pays, seuls les grands axes portent des noms, on marche ensuite par système de bloc, de sous-bloc et de sous-sous-bloc. Un hôtel peut vous donner le nom d'une rue puis une série de 3 chiffres pour toute adresse. S'il n'est pas sur la grande avenue nommée, il faudra donc trouver le 1er pâté de maisons, entrer dedans, trouver ensuite la division correspondante au second numéro et ainsi de suite. Autant dire que les japonais dessinent systématiquement une carte lorsqu'ils vous invitent chez eux, et les cartes de visite des magasins ont très souvent des petits plans sommaires au dos.
Parfois, le japonais est plein de malice lorsqu'il fait des plans, et le grand jeu c'est d'inverser le nord et le sud, en fonction de ce que l'on veut représenter. On a vite fait de s'arracher les cheveux, et le guide de voyage, justement, est là pour nous rassurer ! Le Routard, lui, doit trouver plus rigolo de ne proposer que des petits bouts des quartiers de Tokyo ou de Kyoto, sans se soucier de ce qui pourrait nous interesser autour. Parce que par exemple, un jour on peut vouloir rentrer en JR à Asakusa, se retrouver à la station AsakusaBASHI, ne la trouver sur aucun plan du Routard et galérer sur plusieurs centaines de longs mètres pour retrouver Asakusa. Si le guide avait montré cette station de JR qui porte le même nom, ne serait-ce que pour voir que c'est en fait super loin, on se serait abstenu de vouloir faire quelques économies et on aurait pris le métro ! Le logo du routard est un randonneur en sac à dos, on aurait pu se douter qu'il nous ferait marcher plus que de raison !
Quand à Kyoto, il conseille une super guest-house, la place sur un plan mais se trompe dans le nom de la station de métro, on peut aussi tourner quelques heures, surtout quand l'indication cruciale pour trouver la guest-house est "comptez 5 rues à croiser. L'hotel se trouve avant la passerelle qui traverse l'avenue". Gros malin, l'avenue Gojo est affreusement longue, des passerelles il y en a tous les 100m, et quand ton plan me dit que la station la plus proche c'est Gojo Sta (alors qu'en vrai, et merci le Lonely Planet c'est Kiyomizu Gojo), qu'il fait nuit et qu'on ne peut pas voir ou se trouve le pont, on ratisse chaque cm de l'immense avenue. Grâce à toi, Routard, j'ai tourné une bonne heure ! Et la japonaise qui a tenté de m'aider s'est référée aussi au nom de la station écrite sur ton plan pour m'indiquer une fausse direction...
Bizarrement, maintenant que je n'utilise plus que les plans du Lonely Planet dans ces 2 villes, je ne me perds plus. Allez savoir !

Et si je veux visiter le Tokyo Dome ? Ou la Sky Tree ?
Puisque c'est un bouquin qui se veut hyper détaillé sur uniquement 2 villes, on peut s'attendre à avoir du contenu non ? Enfin, c'est pour ca qu'on l'achète, avoir des adresses qu'on pourrait ne pas avoir dans les guides généraux.
Eh bien, toi petit touriste qui aurait entendu parler du super grand huit qu'est le Thunder Dolphin, ou si un gentil japonais excentrique appelé Musashi, rencontré à l'aéoport de Londres te conseille d'aller visiter la nouvelle Tokyo Sky Tree parce qu'elle fait 634m (soit MU-SA-SHI comme son prénom, true story!), vite vite tu te réfère à ton fidèle guide du routard qui est - quelle chance - spécial 2013/2014 ! Et là, tu ne peux être que déception : tu ne trouves rien ni dans l'index ni en cherchant dans les quartiers concernés. Tout ce qu'on te dit sur Korakuen, qui héberge le Tokyo Dome, c'est que c'est un joli jardin chinois. OK ! Et la Sky Tree, introuvable, alors que tous les japonais de Tokyo te disent que c'est encore mieux que la Tokyo Tower et que tu dois y aller. Grace à (à cause de?) ton guide du routard, tu n'es clairement pas dans le coup, dommage ! Google restera ton meilleur ami.
Pour parler de Kyoto maintenant, car ca s'est vérifié ici aussi : tu cherches la bambouseraie de folie, que tu as pu voir dans quelques films, mangas ou documentaires sensationnels. Un truc célèbre quoi ! Tu apprends, parce que tu as retenu la leçon et que tu ne délaisses plus Google, que ca s'appelle Arashiyama. Allez, pour l'expérience, tu regardes dans le Lonely et dans le Routard histoire d'avoir des informations utiles.
Dans le Lonely, on nous dit "Arashima et Sagano constituent la deuxième grande zone touristique de Kyôto. [...] L'un des sites les plus célèbres est la grande bambouseraie d'Arashiyama qui commence juste à la porte nord du Tenryû-ji. Marcher sous cette voute de bambous, ondulant sous le vent, est comme pénétrer dans un autre monde. Pour les voyageurs japonais, c'est une expérience à ne pas manquer."
Maintenant regardons le Routard. Il nous parle d'un musée de la locomotive et du piano, d'une balade en vieux train, d'un resto... Mais pas de la bambouseraie ! Mais... Pourquoi ? Et qu'on ne m'avance pas l'argument du "Le Routard c'est pour sortir des sentiers battus", il aborde un tas d'autres lieux à visiter, touristiques de base, et puis on n'est pas tous snob du lieu célèbre, s'il est connu souvent c'est parce qu'il vaut le détour !

[Janvier 2014] 
Comme je n'ai pas fini la rédaction de cet article au cours de mon voyage, je n'ai plus en tête les différents points qui m'ont fait pinailler, et je ne veux pas forcer ma mémoire sous peine d’exagérer les défauts de ce livre.

Voici un petit résumé de ce que je reproche à ce guide : 
- des cartes trop ciblées, on ne parvient pas à avoir une vue d'ensemble sur les connexions entre les quartiers (gênant lorsqu'on explore les villes à pieds ou en vélo)
- des inexactitudes/erreurs de noms de lieux ou de stations de métro sur ces mêmes plans (cf plan couleur IV de Kyôto "Gion - Higashiyama" pour la station Gojo qui est en fait Kiyomizu-gojo)
- des explications trop succinctes compte tenu des problèmes précédents (cf p296 "c'est la 5e intersection de rues, juste avant une grande passerelle qui enjambe l'avenue" : efficace la plupart du temps, sauf avec des erreurs en amont ou des plans largement incomplets)
- Peu d'adresses de restaurants dans les quartiers moins connus. On s'attend à plus de découvertes de la part d'un volume consacré à 2 villes aussi vastes
- Certains lieux souvent recommandés par des japonais ou célèbres ne sont pas répertoriés : Tokyo sky tree et Tokyo Dome de Tokyo, ou la bambouseraie d'Arashiyama de Kyoto. Si ces lieux y sont, ils sont alors mal répertoriés

Je ne suis toutefois pas vraiment fâchée avec les guides du routard, puisque je me suis procuré celui de cette année pour l'Islande, et que je vous recommande encore celui pour le Pérou. Ce travail d'archivage et de découverte que font les rédacteurs est énorme,  c'est normal qu'il soit soumis au risque de l'erreur. Mais il est parfois utile de mettre ces défauts en lumière. Sans rancune donc, petit guide, tu n'as pas été abandonné au détour d'une sombre poubelle !


Vous aimerez peut-être

7 comments:

  1. Assez fou en effet que la Sky tree et Arashiyama n'apparaissent pas dans ce guide O-O

    ReplyDelete
  2. J'aime beaucoup beaucoup le Guide du Routard (il m'a aussi accompagnée à Tokyo), mais après pas mal de voyages un peu partout, je pense pouvoir dire qu'il est plus approprié en "cambrousse"/"à échelle pays" qu'en ville. Le mieux est en effet d'avoir deux guides, et d'opter pour un city guide pour compléter le GDR !

    ReplyDelete
  3. So many paris > en effet, je n'ai pas été déçue pour ce qui a été de la campagne péruvienne. Mais Tokyo et Kyoto ne sont pas la campagne, donc pourquoi sortir un guide spécial ville si leur spécialité c'est justement la cambrousse ?

    ReplyDelete
  4. Rassure-toi tu n'es pas la seule à pester contre ces guides... Moi j'ai toujours voyagé avec le Lonely Planet qui a souvent fait son job... Mais ils ont récemment changé leur formule et maintenant dans la rubrique hébergement, ils recommandent quasiment tout le temps des hôtels hors de prix... Plus vraiment un guide pour tous les budgets...
    Et lors de mon dernier voyage, le Lonely Planet vantait les merveilles de certains lieux très décevants au final...

    ReplyDelete
  5. Heureusement on peut toujours compter sur la gentillesse et le sens du service des Japonais qui ne se font pas prier pour nous escorter jusqu'au lieu convoité, même si c'est à l'opposé de leur chemin ! Alors finalement j'étais bien contente que le Guide du Routard (et oui c'était aussi mon compagnon de voyage !) se plante parfois (souvent !), ça provoque de belles rencontres ...

    ReplyDelete
  6. Nous aussi avons galéré avec le Routard !
    Notamment à Tokyo, lorsque nous avons voulu prendre "le dernier tramway de Tokyo". Ça devait être forcément GÉNIAL, ils en parlaient sur une page !
    Que NENNI ! Carte inexacte, itinéraire TROP simplifié, beaucoup de marche... Nous avons eu la totale !!!
    Le tram a rapidement été bondé, nous étions serrés comme des sardines, et forcément, comme nous sommes polis, nous nous sommes rapidement retrouvés debout (aahhhhh le visage radieux des mamies quand tu leur cèdes ta place sur un "dozo").
    Bref, dès que nous avons croisé une gare JR, nous sommes sortis de cet enfer.
    Manque de pot, il parait que la partie "intéressante" se trouvait après...
    Merci le Routard pour une demi journée complètement gâchée, ruinée, anéantie !

    Nous l'avons carrément jeté, gardant le Lonely pour la suite de notre périple au KoyaSan (merci pour la mention d'ailleurs ^^) et Kyoto...

    ReplyDelete
  7. J ' ai acheté Le Routard Berlin 2014 et à la page 51 c ' est écrit qu ' au Zoologischer Garten on trouve désormais la roue la plus haute du monde ( 185m ) . Complètement faux !!! La roue n ' existe même pas !!! J ' ai tourné en roue libre , pour rien !! Remarque , Berlin ce n ' est pas Tokyo ...

    ReplyDelete

Copyright Eugénie Rossi. Powered by Blogger.
Les photos portant l'estampille du blog ainsi que les textes ne sont pas libres de droit. Merci de me consulter pour toute utilisation.