Jul 20, 2017

A la découverte de Tokorozawa et de ses thés verts

Champs de thé de Sayama - photo Yunomi

Début Juillet, une dégustation de thés verts a été proposée par Quartier Japon. Je connaissais cet espace de nom mais ne m'y étais encore jamais rendue. C'est une école de japonais qui propose aussi beaucoup d'ateliers découverte de la culture japonaise (à ce sujet, n'hésitez pas à consulter leur programme de l'été qui est assez riche) tels que la cuisine, l'ikebana, le manga, la calligraphie...

Ce jour-là, il était question de thé donc ! Cette rencontre était gratuite, il suffisait d'envoyer un mail pour s'inscrire. Elle était l'occasion, outre de déguster de bons thés verts, de rencontrer les producteurs mais aussi de découvrir la région et de nous donner l'envie d'y faire un peu de tourisme.

Quelques informations pratiques (et touristiques)

Tokorozawa est une ville de la préfecture de Saitama. Elle est connue notamment parce que c'est la ville de résidence de Hayao Miyazaki (Studios Ghibli). Il est dit que la forêt de Hachikokuyama qui la borde a beaucoup inspiré le réalisateur pour Mon voisin Totoro. Attention, ce n'est pas là que se trouve la maison de Satsuki et Mei dont vous parle très bien Joranne par exemple.

Hachikokuyama est un grand parc forestier et montagneux qui propose de très jolies randonnées. Il fait partie du grand complexe des parcs de Sayama (ou coteaux de Sayama) qui proposent, en plus des marches, une multitude d'activités en relation avec la nature. Un petit coup d'oeil sur le site officiel de ce parc pourrait vous donner quelques idées.

Hachikokuyama - photo Go Tokyo
Une autre attraction de la ville, c'est le musée de l'aviation, car c'est ici qu'a été établi le premier aérodrome japonais. D'ailleurs la mascotte, Tokoron, représente un mignon petit avion.
Toko Ron - photo du site officiel de la ville de Tokorozawa

Un festival des thés de Tokorozawa a lieu tous les ans fin avril ou début mai, après les premières récoltes. Vous le trouverez facilement devant la mairie de la ville de Tokorozawa. Il regroupe quelques tentes, mettant en avant les différents métiers de la production de thé. Il est possible d'y découvrir le roulage des feuilles, traditionnellement fait à la main pendant plusieurs heures, et même de s'y essayer ! Ce festival permet de découvrir le thé plus en profondeur et de poser beaucoup de questions. 
Evidemment, on y déguste toutes sortes de thés récoltés dans le coin et on peut aussi y découvrir des spécialités culinaires à base de feuilles de thé (en tempura par exemple). 

Les champs de thé, eux, se trouvent à Kita-Iwaoka, en périphérie nord de Tokorozawa. Il est apparemment possible de les rejoindre à pied depuis la gare de Shin-Tokorozawa, moyennant une petite demi-heure de marche. Le site Japan Visitor a fait un très bon article, très complet, sur ces champs. Vous y apprendrez notamment qu'il est facile de proposer son aide à la récolte du thé lorsque l'on est de passage dans le coin fin avril. Attention toutefois à ne pas louper la date fatidique car le thé se récolte toujours autour de la même date : le 88e jour après le début du printemps qui a lieu en février au Japon. Elle tombe donc en général le 2 mai mais peut varier légèrement selon les conditions climatiques. Chaque récoltant possède sa boutique de thé, où il est possible de faire quelques emplettes tout en étant très bien conseillé. 

Le thé vert de Sayama

Le thé vert de Sayama est la 3e production la plus importante du Japon, après Shizuoka et Uji. C'est pourtant encore une production familiale, et de ce fait, à plus faible rendement. Elle représente environ 2% de la production japonaise.
Comme c'est une région plus au nord que les autres productions de thé du pays, les feuilles sont plus épaisses pour résister au froid. Cela leur donnerait une saveur un peu différente, plus forte. Je dis "donnerait" car je ne suis pas assez connaisseuse en thés verts pour sentir une véritable différence.


Pendant la dégustation, trois producteurs, Seki-san, Suzuki-san et Nozawa-san, nous faisaient découvrir deux thés chacun.

Nous avons commencé par le thé kabuse, issu de leurs productions respectives. Le kabuse est récolté selon une technique particulière. Les théiers sont couverts d'un grand tissu noir deux semaines avant la récolte pour les couper de la lumière. Evidemment cela joue sur sa saveur, qui se rapproche de celle du gyokuro (l'excellence du thé) tout en étant plus abordable.
Les trois thés goûtés étaient très différents. Celui de Nozawa-san était, pour moi, le plus parfumé et avait un léger goût d'herbe. C'est celui que j'ai préféré. Celui de Suzuki-san était râpeux en bouche, et très présent. Trop pour moi. Un peu comme un vin, mais en thé. Celui de Seki-san était léger, facile d'accès.

Ensuite, nous avons bu le sayama midori de Seki-san. Pour le faire, il laisse le thé s'oxyder après la coupe. Son parfum était très doux.
Puis le fukamushi de Suzuki-san, qui demande un étuvage plus lent (contrairement au futsumushi qui est un étuvage classique). Il était plus poudreux, plus rond. Il était un peu trop fort pour moi. Je ne l'ai pas trop apprécié.
Enfin, le mélange de matcha, sencha et hôjicha de Nozawa-san. J'avais hâte de le goûter puisque j'avais adoré son premier thé, et je n'ai pas été déçue, c'est aussi celui que j'ai le plus apprécié des trois. L'ajout de hôjicha offrait une certaine douceur autant dans le goût que dans l'odeur. Une vraie réussite !

J'ai conscience que ce n'est pas très parlant pour vous de découvrir cette dégustation avec des mots, mais j'espère que cela peut vous donner envie de découvrir les vastes aspects du thé vert ! Ils sont tellement différents les uns des autres, que c'est très amusant d'en faire une dégustation.

Tous les thés ont été infusés à 75/80°. La température parfaite oscille entre 70 et 80° pour un thé vert, avec une infusion assez courte.
Le thé ne devient pas meilleur avec le temps, il faut le consommer vite. Si on ne peut pas le faire, il est bon, selon les producteurs, de le conserver au frigidaire (un ou deux ans maximum).
Le shincha, thé de printemps, est réputé comme le meilleur. Il est fait à base des premières feuilles récoltées. Il se conserve un mois maximum ! Son parfum est très fragile et s'altère très vite. Les thés torréfiés, comme le hôjicha, sont moins fragiles. Ils sont souvent issus d'une seconde récolte, en automne.
Le kukicha est un thé fait à base de tiges de théiers.


Malheureusement, si nous avions aimé un thé pendant la dégustation, il n'était pas possible de l'acheter aux producteurs. N'étant pas prévus pour l'exportation, ils n'ont pas été confrontés aux normes des pays étrangers. Il leur était donc interdit de le vendre. Toutefois si vous êtes curieux de goûter ceux-ci spécifiquement, il est possible de les retrouver à Tokorozawa.

Pour aller plus loin

Les heureux possesseurs de Netflix peuvent se jeter sur l'émission Japanese style originator (de son vrai nom Wafû Sôhonke - 和風総本家) Tous les épisodes ne sont malheureusement pas disponibles mais ceux qui le sont en apprennent beaucoup sur les subtilités de la culture traditionnelle japonaise, notamment culinaire et artisanale. Cette émission est destinée aux japonais et se permet donc d'aborder les choses bien plus en profondeur que n'importe quel documentaire étranger.

L'épisode 4 aborde l'art du thé vert
, sa façon de le récolter, de le conditionner, mais aussi de le consommer. Un artisan, fabricant de boîtes à thé magnifique, nous fait également découvrir son travail. Ce n'est pas le thé de Tokorozawa qui est mis en avant, mais celui de Shizuoka. Cela dit, les techniques restent les mêmes. En tout cas, elles correspondaient mot pour mot au petit exposé que j'ai écouté pendant la dégustation de thé.

Comme c'est une émission japonaise, tous les moyens sont mis pour mettre en avant la minutie et la dextérité des artisans. Après visionnage, non seulement, j'ai encore plus envie de retourner au Japon, mais j'ai aussi envie de finir disciple des cuisiniers, des maîtres de thé et des artisans... Cette émission est un vrai piège ! Et comme je ne suis pas cool, je vous mets un joli petit chien tiré d'un des épisodes, pour vous appâter (en réalité c'est une des seules images à la qualité potable que j'ai pu trouver sur internet...)


Jun 18, 2017

A la découverte du village de Toho et de sa céramique


Avez-vous eu l'occasion de vous rendre à la Maison WA (8 bis rue Villedo 75001 Paris) ? C'est une jolie galerie et une boutique spécialisée dans l'artisanat japonais. Dans cette galerie très lumineuse, se trouve l'espace Densan, créé par l'association Densan. Cet espace est une salle d'exposition permanente consacrée à la promotion de l'artisanat traditionnel japonais. Un grand nombre d'artisans viennent d'ailleurs présenter leur savoir-faire dans la boutique à l'occasion de démonstrations ou ateliers très sympathiques.
On retrouve d'autres créations artisanales japonaises liées à l'association Densan à l'Atelier Blancs Manteaux (38 rue des Blancs Manteaux 75004 Paris), où il est aussi très agréable de flâner.

J'avais raté la démonstration de poterie de Bizen il y a quelques mois, aussi lorsque j'ai découvert la nouvelle démonstration concernant la céramique de Koishiwara - que je ne connais pas du tout - j'ai sauté sur l'occasion. L'inscription était gratuite, il suffisait d'envoyer un mail pour être ajouté à la liste des participants.

Paysage de Toho - photo Panoramio


Quelques informations pratiques (et touristiques)

Il faut savoir que les styles de céramiques sont souvent affiliés à des fours et portent le nom du village qui les abrite. A l'origine, ces fours sont immenses, prennent une place considérable dans les villages et ses alentours. Même s'il est question dans cet article de céramique de Koishiwara, il s'agit en fait d'un style unique au sein de cette céramique de Koishiwara. C'est le potier Satomi Takeshi, du four Shuzan, qui est venu nous présenter son village et les spécificités de sa poterie : le bleu de Shuzan ou Shuzan blue. Le four s'appelle Shuzan, et le style s'appelle Shuzan blue ! Vous me suivez ?

A l'origine situé dans le district d'Asakura, préfecture de Fukuoka, le village de Koishiwara n'existe plus, il a été fusionné avec son voisin Hôshuyama pour former le village de Toho. On y accède assez facilement à partir de la ville de Fukuoka.
Ce village de Toho semble faire partie de l'association "Les plus beaux villages du Japon" (日本で最も美しい村 Nihon de mottomo utsukushii mura) et compte une trentaine de fours de poterie ! Est-ce utile d'ajouter que ces petits détails m'ont trop donné envie d'y aller ??!

Paysage de Shuzan - photo Panoramio

Si la céramique ne vous intéresse pas plus que cela, vous pouvez toujours aller découvrir leurs produits locaux, notamment leur glace au pamplemousse, au citron ou au yuzu. Mais ils font aussi dans le champignon séché, le sake, les poires,  le poivre au citron,  le jus de gingembre et citron...
Les lucioles semblent très nombreuses début Juin, et le village organise des balades pour les admirer ainsi qu'un matsuri en leur honneur le 1er samedi de Juin.

Sachez aussi qu'un marché de potiers se déroule 2 fois par an (du 3 au 5 Mai et 3 jours en Octobre). Pendant ce marché, les potiers font 20% de réduction sur leurs pièces ! En Novembre, il est possible de faire une balade d'automne autour de l'art et de l'artisanat céramique. Cette expérience est limitée aux 50 premières personnes.

Plus de renseignements via le site de Toho (en anglais).
Pour vous rendre à Toho en train (bleu) ou en bus (orange):


Photo Koishiwara-shuzan

Le bleu de Shuzan

Le four de Shuzan a été fondé en 1682 par le maître du fief de Fukuoka et a accueilli un maître porcelainier de la région d'Imari. Malheureusement la terre de Koishiwara ne convenait pas à son travail de la porcelaine et l'atelier finit par se spécialiser dans la poterie plus populaire.
Encore aujourd'hui, les pièces de l'atelier sont robustes et présentent un aspect massif. Leur surface est recouverte de motifs gravés à la lame, frottés à la brosse ou appliqués au peigne.  C'est d'ailleurs le style assez typique de Koishiwara qui concerne aussi des pièces brunes, assez rustiques, décorées de coulures ou des éclaboussures d'émail.

Céramiques de style Koishiwara

Avec une histoire de 350 ans, la poterie de Koishiwara fut apparemment la première céramique à être reconnue "artisanat traditionnel" au Japon. L'eau et la terre nécessaires à sa création continuent de se transmettre dans le village.

Dans les années 60, la poterie de Koishiwara connut un essor populaire, et le grand-père du potier Satomi Takeshi, Hideji,  fut accueilli dans la région comme expert en tour de potier. Il ouvrit son propre four en 1975. Il réussit également à créer son propre émail, le Shuzan Blue. [L'émail est la couche de verre fondu qui recouvre une céramique, lui donne sa couleur et de meilleures étanchéité et sensation au toucher] Hideji développa de nombreuses techniques pour améliorer son bleu, qui deviendront les fondements du four Shuzan. La cuisson prolongée qu'il adopta permit à ses créations d'être plus robustes et de s'adapter aux modes de vie actuels tels que le passage au lave-vaisselle et au micro-ondes.
Le père de Satomi Takeshi délaissa le tour pour lui préférer le travail à la plaque.
Quand vient son tour dans les années 90, Satomi Takeshi reprend la technique du tour de son grand-père qu'il enrichit. Il améliore également l'émail bleu pour évoquer davantage la voie lactée.
Sa production comprend vaisselle, brûle-encens, photophores, lavabos... C'est son épouse qui s'occupe de graver les décors des photophores.

Pièces sorties du four - photo Syuzangama

Revenons à la Maison WA !
Après ce petit exposé sur le village, les fours et l'arrivée de son grand-père, le potier nous a fait une démonstration sur un tour, avec la terre de son village. Il nous a improvisé une théière, des bols, une bouteille de sake, un gobelet... Il était très sympathique et souriant, c'était agréable de le voir travailler. Son épouse à ses côtés nous montrait aussi sa façon de graver un photophore. En parallèle de leur démonstration, des pièces finies nous étaient montrées. Il s'agissait de celles proposées en exposition à l'espace Densan.

Satomi Takeshi au travail dans son atelier - photo tirée de son site officiel

Les pièces sont vraiment magnifiques. Ce bleu a une résonance et une profondeur impressionnantes. Il a été possible d'en toucher certaines. Des photos illustraient leur utilisation à table, avec des mets joliment présentés. Franchement, cela donnait vraiment envie de repartir avec !
Les prix de ces céramiques n'étaient pas communiqués, j'imagine donc qu'elles étaient largement hors de ma portée. Plusieurs d'entre elles sont encore visibles à l'espace Densan, accompagnées de superbes boîtes en bois, mais je ne sais pas pour combien de temps. Si vous souhaitez aller les découvrir par vous-même, ne traînez pas trop !

Photo Koishiwara-shuzan

Cette démonstration m'a permis de découvrir un nouveau village que j'ajoute à ma liste pour le prochain voyage. Même si je ne sais pas du tout quand je pourrai me permettre de repartir, je continue de noter dans un carnet les différentes escales que je souhaite faire. Toho en fera partie, mais il ne sera pas facile de choisir la saison. Vais-je préférer découvrir un marché de potier ? Ou la saison des lucioles ?

A la fin de la démonstration, le potier m'a gentiment offert quelques kilos de la terre de son village. Une chance incroyable qui m'a beaucoup émue. J'ai hâte de voir quelles formes et quelles couleurs en ressortiront dans mon petit atelier !

Page Facebook du four Shuzan Blue
Site internet

Photo Koishiwara-shuzan

May 22, 2017

Les petits bonheurs.



Ce weekend, mon amie Kei Lam a organisé une dédicace à son atelier pour la sortie de son premier roman graphique Banana girl qui sera en vente en librairie dès la fin du mois. Je suis allée la voir hier après-midi, pour la soutenir, pour acheter son livre et évidemment me le faire dédicacer. Même si on en a beaucoup parlé, elle et moi, ces derniers temps, je n'avais pas encore lu son histoire. Et j'ai enfin pu la découvrir.

Il y a un autre roman graphique qui fut un vrai petit bonheur à lire ces derniers temps et dont j'ai très envie de vous parler. Il s'agit de J'aime le nattô de Julie Blanchin Fujita.

Et ca tombe très bien, parce que ces deux femmes pleines de talent abordent un sujet commun chacune à leur manière : leur arrivée dans un nouveau pays et la découverte d'une culture qui leur est inconnue.



Banana girl

Kei nous raconte comment elle et sa famille ont quitté Hong Kong pour la France lorsqu'elle avait 6 ans. Ce qu'elle a découvert avec étonnement, ses inquiétudes, les habitudes qu'elle a quittées et celles qu'elle a appris à se construire. Son trait naïf, et ses pages tantôt en noir et blanc, tantôt en couleur, m'ont fait penser à un carnet de voyage à la lecture très rythmée. Son histoire se dévore, et m'a beaucoup fait rire. Le personnage de son père par exemple : on s'en fait une idée précise pendant toute la lecture, et on découvre une photo à la fin du livre. Sans vous gâcher la surprise, ce petit détail m'a fait hurler de rire. Mais également des petites anecdotes sur la personnalité de Kei (son amour grandissant pour les maths... oui, les maths...). Et il y en a un tas au fil des pages, un vrai régal !
J'y ai aussi appris beaucoup de choses sur le quotidien de cette famille chinoise en France, mis un visage sur plusieurs situations rencontrées au hasard dans Paris. Au delà du divertissement, cette lecture m'a enrichie. Merci Kei !

L'objet en lui-même est une réussite : la reliure est soignée et s'inspire des reliures asiatiques sous une couverture joliment illustrée. Les couleurs sont superbes.

Banana girl - Kei Lam
Editions Steinkis
17€
Sortie le 31 Mai 2017


J'aime le nattô

Je ne connaissais pas du tout le travail de Julie, je n'avais pas lu Kokekokko (chez les éditions Issekinicho) et n'étais jamais tombée sur son blog. A regret ! C'est sa maison d'édition, Hikari Editions, qui m'a proposé de découvrir son dernier roman graphique. Quelle bonne idée !

J'ai été charmée de découvrir le parcours de l'auteure dans les premières pages de son livre, de savoir d'où elle venait et comment elle est arrivée au Japon. Et c'est à ce moment-là que les anecdotes déferlent ! On découvre avec elle les petites surprises qu'offrent la vie quotidienne dans un pays comme le Japon. Anecdotes qui pourraient se passer partout dans le monde parfois, et d'autres qui ne peuvent se passer que là-bas : sa découverte des appartements japonais des années 70, des onsens, de la dangerosité des cyclistes, sa lutte féroce contre les cafards japonais... Je crois que voyageurs aussi bien qu'expats peuvent y retrouver des petites choses qu'ils ont vécues et qui les feraient sourire encore et encore. Pas de grosses surprises sur les petits chocs culturels japonais pour ceux qui connaissent le pays, mais une sorte de connivence s'installe entre le lecteur et l'auteure au fil des chapitres.

Sa façon de raconter tout ça est ce qui m'a le plus plu. Son humour m'a rappelé les livres de mon adolescence : Le journal intime de Georgia Nicolson de Louise Rennison. Parfois Julie fait des blagues ou des maladroitesses à la Georgia. Un vrai plaisir ! 
Le livre est entièrement bilingue, et même si j'avoue avoir eu la flemme d'essayer de le lire en japonais, j'ai aimé pouvoir apprendre quelques mots au fil des pages, par-ci par-là. Pour ceux qui lisent le japonais, ce roman graphique est une aubaine pour travailler la langue et s'amuser ! 

J'aime le nattô - Julie Blanchin Fujita
18,90€
Déjà disponible à la vente

Je ne vous en dis pas plus pour qu'il reste un peu de surprises mais c'est le moment d'aller flâner en librairie !
N'hésitez pas à découvrir les illustrations de Kei sur son site, mais aussi à checker ses dédicaces. La prochaine aura lieu à Lyon les 10 et 11 Juin. Pour ma part, je vais courir celle de Julie qui a lieu le 9 Juin à la librairie le Phoenix à Paris.

Mar 6, 2017

Un point sur ma reconversion artisanale


J'ai envie de vous parler un peu plus de mon quotidien de formation ici. J'en partage des fragments par-ci par-là mais ne m'épanche pas trop dessus autrement, à part avec mon entourage proche. Je n'en parle pas beaucoup car les réactions sont très variées : curiosité, intérêt ou désintérêt et de temps en temps éclats de rire ou jugement : "c'est bien beau, mais... l'argent dans tout ça? "
 Je ne m'attarde jamais sur ce genre de réactions (après tout, moi aussi je pourrais avoir des idées préconçues et bêtes sur les banquiers par exemple !), et ne développerai rien à ce sujet ici. Mais le temps file et les choses prennent doucement forme ! Et ça, c'est chouette !

La première partie de ma formation s'est terminée fin Janvier, avec des pièces libres très agréables. Pour la première fois, j'ai pu m'essayer à la porcelaine que j'ai adorée ! Avec elle, j'ai fait plusieurs formes de bols, un peu au petit bonheur la chance. En sont ressorties des pièces que j'affectionne beaucoup et que je prendrai plaisir à utiliser à la maison. Surtout le Mont Fuji que vous voyez dans cet article, avec son petit émail bleu pâle. Il mérite d'être peaufiné et de perdurer dans la suite de l'aventure, non ?


Nous avons aussi terminé ces 5 mois d'initiation avec un projet personnel à présenter devant jury. J'ai réalisé deux vases ainsi qu'une théière et une tasse, que j'ai hâte de dévoiler ici lorsque tout sera pleinement terminé. Pour le moment, la théière et la tasse ne sont pas encore émaillées, tandis que les vases ont rejoint mon étagère.


Depuis le début du mois de Février, nous avons entamé la deuxième partie de la formation qui nous prépare au CAP tourneur. Au fil des semaines, l'objectif CAP me plait de moins en moins mais j'essaie de ne rien lâcher. Pendant ces quatre mois, nous apprenons les rudiments de la réalisation de pièces en série. C'est un sacré challenge pour moi (très intéressant au demeurant), car cela demande beaucoup de concentration sur une longue durée dont je suis, depuis toujours, incapable. Je passe mon temps à fractionner mon travail avec un peu de Twitter, de Facebook, d'Instagram, de regards perdus par la fenêtre, de pensées évasives... Bref, malgré ma motivation toujours au taquet, j'ai du mal à ne pas procrastiner. Et je crains de le sentir passer jusqu'aux épreuves CAP ! Autant dans ma vie et mes projets de tous les jours, cette procrastination systématique ne m'empêche pas d'être efficace, autant avec un examen un peu bête et méchant en bout de course, je sens que ce n'est plus aussi vrai.


Hormis ce maudit CAP, les choses du futur commencent doucement à se préciser, la recherche de local a commencé, ainsi que la création de micro-entreprise, les budgets, l'identité graphique... Il y a de quoi s'occuper, et toutes ces démarches sont tellement excitantes qu'elles me donnent des ailes. Tout devient réel petit à petit, c'est tout simplement dingue.

J'en profite pour vous partager la page Facebook de ma future boutique : Atelier Tsukumogami. Elle n'est pas encore en activité mais je l'avais créée un peu tôt  pour réserver le nom. Si certains d'entre vous ont envie de suivre les débuts de l'installation et mon travail à venir, n'hésitez pas à la suivre. Car, même si je prendrai plaisir à partager quelques créas et nouvelles concernant la céramique sur le blog, ce dernier continuera d'aborder recettes et activités culturelles japonaises. J'essaierai de ne pas trop mélanger les deux activités.

Ce vilain mot compliqué, Tsukumogami, réunit deux idées qui me sont précieuses : le folklore japonais et la céramique.
Un tsukumogami est un objet du quotidien (vaisselle, vêtement, meuble...) qui prend vie à l'orée de son centième anniversaire. S’il a été bien traité et entretenu, il devient un sympathique esprit qui partage notre vie, mais s’il a été maltraité ou abandonné, il devient farceur et revanchard.
J'aime rêver que les objets que je vais fabriquer peuvent, un jour, devenir des tsukumogamis ! Alors vous avez encore quelques mois pour vous entraîner à prononcer ce mot sans bafouiller ! Vous verrez, rien n'est impossible ! 


Depuis plusieurs mois, en parallèle de la formation, j'essaie d'apprendre la restauration Kintsugi (à la laque et à la poudre de métaux précieux) sur mon temps libre. Elle va de paire avec la création de céramiques, et est une belle façon d'offrir du réconfort aux pièces cassées ou usées par le temps. Ainsi, elles passeront leur centième anniversaire avec plus de sérénité. Oui, je vais au bout de l'idée là !
J'apprends avec des livres et des vidéos. Ce n'est pas toujours facile mais c'est passionnant ! Je récupère la vaisselle cassée de tout mon entourage, répare, recasse, re-répare. Je commence à être à l'aise avec les cassures simples et j'étudie maintenant leur évolution dans le temps pour vérifier la solidité de mes réparations.

J'avais à cœur de partager un peu tout cela ici car un bon nombre d'entre vous me posent des questions au sujet de cette reconversion, me partagent encouragements et impatience. Vous n'imaginez pas comme cette gentillesse me rend légère ! Merci !


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