Sep 17, 2016

Traquer les kappas d'Asakusa | Japon 2015


Asakusa regorge d'évocations au folklore japonais comme on a pu le voir avec toutes les apparitions de tanukis dans cet article. Aujourd'hui ce sont les kappas que nous allons traquer dans ce célèbre quartier de Tokyo !

Il y a une petite ville du nord du Japon où je rêve de retourner très bientôt : c'est Tôno, célèbre pour ses kappas sauvages que l'on peut pêcher en utilisant du concombre comme appât. Cet endroit est tout simplement incontournable pour qui s'intéresse aux créatures folkloriques japonaises.

Dans une moindre mesure, il est possible, à Asakusa, de traquer le kappa, ou plutôt toutes ses représentations graphiques imaginables. La diversité des styles est époustouflante ! De la statuette à l'affiche en passant par le nikuman (brioche vapeur à la viande) et la plaque d'égout, je vous propose une petite balade proche d'un jeu de piste qui amuse autant les petits que les grands. Par contre soyez prévenus, il va y avoir du mignon, du bizarre et du très cheap dans cet article !


La qualité de mes photos est variable et souvent plus que nulle, mais le mauvais temps et l'excitation de la traque auront eu raison de ma capacité à soigner le travail !

La kappabashi dôri
Aussi appelée Kappabashi dôgugai (かっぱ橋道具街), cette rue située entre Asakusa et Ueno (station Tawaramachi très précisément) se compose de magasins de fournitures de restaurants. On y trouve de tout, et on peut acheter ce que l'on veut même en tant que particulier : vaisselle, poterie, décorations en tout genre (lanternes, noren, pancartes...), plats de présentation en plastique (サンプル - sanpuru), fours et autre instruments de cuisine professionnelle. J'aime beaucoup y traîner mes guêtres même si finalement je n'y achète jamais rien.


A noter que cette rue possède carrément son propre site internet mais aussi une page Facebook et une mascotte ! Il faut dire qu'ils ont l'air de beaucoup s'amuser sur les réseaux sociaux, avec cette mascotte qui se balade dans le quartier et qui met en avant les produits qu'on y trouve (je suis totalement cliente de ce genre de concept...). Selon les périodes de l'année, on peut aussi acheter des goodies relatifs à la kappabashi dôri. La totale !


Le nom de cette rue ne vient malheureusement pas de la créature que nous traquons à travers cet article et "kappa" s'écrit d'ailleurs en hiragana : かっぱ橋通り. Il y a deux hypothèses sur l'origine du nom :

  • Kappa veut également dire "manteau de pluie" (ou cape), et les habitants du quartier auraient eu pour habitude de les laisser sécher sur le pont. 
  • Un homme du nom de Kihachi Kappaya aurait eu le projet d'aménager la rivière Shinhorikawa pour améliorer le traitement des eaux. 

Finalement, l'homophonie a permis de jouer avec le nom de la créature folklorique (et bien plus rigolote qu'un manteau de pluie ou un humain qui aurait juste eu une bonne idée) qu'est le kappa, et d'en faire la mascotte du quartier.

C'est en arpentant cette rue pour la... je ne sais plus combien de fois... que j'ai fini par me rendre compte que les kappas étaient partout. Dans la kappabashi dôri, mais également dans ses perpendiculaires. Alors, attrapez vos appareils photo et partez à la chasse !



Sep 12, 2016

Manger japonais au Mans | Takayanagi


Eh oui attention, ce coup-ci ce n'est pas une adresse parisienne que je vous partage mais une adresse mancelle (Le Mans, 72, ses 24h et ses rillettes pour situer !).

J'ai été très discrète pendant ce mois d'Août parce que j'avais peu de choses japonaises à partager, dans ma campagne du Mans. Voici tout de même l'adresse coup de coeur qu'il faut connaître si vous faites une halte dans les parages et qu'une furieuse envie de manger japonais vous prend.

Takayanagi, c'est une pâtisserie qui revisite les classiques français à la japonaise, de façon savoureuse mais qui propose également de découvrir la cuisine familiale japonaise le midi.


La carte
Les pâtisseries sont variées. On en trouve pour tous les goûts : le classique (mais bon) Paris-Brest renommé pour l'occasion en Paris-Tokyo avec une pointe de haricot rouge, l'intense dôme à la marmelade de yuzu portant le doux nom de Yuki, la tarte au citron mais pas que composée de sudachi (agrume japonais)... La pâtisserie qui m'a retourné le cerveau par son goût merveilleux a été la mousse de sésame noir et sa tuile au sésame ! Une véritable tuerie ! Et la mousse au thé matcha avait aussi de quoi frimer.
On y trouve également de très jolis fraisiers que je n'ai pas goûtés, et quelques spécialités en fonction des saisons. Tout y est très joliment présenté dans une vitrine lumineuse, à tel point qu'il m'a été difficile de faire un choix.
Comme je ne pouvais pas y aller tous les jours, j'ai tenté d'en goûter un maximum en 3 visites, une vraie goinfre !

Le déjeuner aussi vaut le détour. Il n'y a pas à choisir, le plat est unique et change tous les jours. Vous pouvez connaitre le menu de la semaine à l'avance sur l'accueil du site, ou encore sur Facebook et Twitter. Nous avions choisi d'y aller les jours du katsu-kare et du katsudon : valeurs sûres qui consolent parfaitement d'un grand manque de cuisine japonaise. Eh bien nous n'avons pas été déçus, bien que nous en aurions aimé un peu plus dans nos assiettes. Les saveurs étaient là. Le katsudon surtout était particulièrement bon !

Il est possible de prendre le déjeuner à emporter. Pour ma part, je devais prendre un train pour Tours et j'ai pu appeler Takayanagi en fin de matinée pour avoir un katsudon à midi pile, que j'ai pu déguster tranquillement dans le train.


L'ambiance
Dans une petite rue vide et plutôt dénuée de charme, le salon de thé est parfaitement tenu. Ses murs blancs et son bois clair m'ont rappelé la tristement fermée Pâtisserie Ciel. Le lieu est très reposant. J'ai l'impression que les clients du midi sont surtout les personnes qui travaillent dans le coin.
L'accueil y est souriant et disponible.  Des artistes du Mans peuvent y exposer leur travail. Bref, c'est sympa !
A côté des pâtisseries, il y a un tout petit coin épicerie. On n'y trouve pas grand chose mais ça fait toujours plaisir.

Le salon de thé propose également un grand nombre de cours de cuisine. Je ne les ai pas testés mais je compte bien le faire lorsque je repasserai au Mans. Le programme est alléchant (là aussi disponible sur leur site internet).

J'ai pu voir sur Facebook qu'ils avaient fait un stand de takoyaki pour une braderie. Pour les manceaux qui auraient raté l'événement, vous pourrez les retrouver les 1 et 2 Octobre pour l'événement "Entre cours et jardin".


Les prix 
Parisiens : le plat du jour est à 10,90€ et le dessert du jour à 3,70€. Les assiettes mériteraient d'être un peu plus copieuses mais c'est très bon et c'est le seul restaurant du genre au Mans.

Il existe aussi une "formule Taka" à partir de 14h comprenant une boisson et un gâteau pour 6€.


Note

C'est bon, l'accueil y est sympathique et la carte unique chaque jour permet de découvrir beaucoup de plats japonais typiques.
Les pâtisseries sont délicieuses et sont un petit cadeau original à faire lorsque l'on va manger chez quelqu'un. Un très bon prétexte pour amener le dessert !

Pâtisserie Takayanagi
12, rue du Tertre
72000 Le Mans
Du mardi au vendredi de 12h à 19h et le samedi de 10h à 19h.
Fermé le dimanche et le lundi.
Il est possible de réserver au 09.52.45.07.47
Site internet
Facebook
Twitter

Aug 20, 2016

Les petits bonheurs.


Le mois d'Août bat son plein et les publications vont être très rares ce mois-ci. Je suis au Mans depuis le début du mois et le Japon n'y est malheureusement pas vraiment présent. C'est l'occasion de faire un petit article sur le quotidien qui n'en reste pas moins sympathique.

J'adore le mois d'Août, je crois que c'est mon mois préféré. On y admire les plus beaux ciels dégagés de l'année, surtout à la campagne. Et le beau temps y est majoritairement beaucoup plus affirmé qu'en Juin et Juillet souvent plus frileux. C'est toujours plus agréable pour barboter dans la piscine (il faut évidemment que je publie cet article un jour de pluie) !


Chose qui n'était pas arrivé depuis bien 10 ans, je squatte un mois entier en famille, chez mon père et mon frère. Les deux vivent dans la même propriété, le Pôle Européen du Cheval. C'est un haras et un grand complexe de compétition équestre. Cette semaine, il accueille d'ailleurs les championnats du monde de voltige. L'ambiance, internationale, est incroyable : des drapeaux partout, des jeunes athlètes pleins de vie et des discussions dans un grand nombre de langues différentes. Là aussi, il manque le Japon qui ne semble pas avoir d'équipe de voltige.

Le cheval c'est trop génial c'est le milieu duquel je suis issue. J'ai fait près de 18 ans d'équitation mais ne me suis jamais intéressée à la compétition. J'ai d'ailleurs abandonné ce sport lorsque j'ai commencé mes études à Paris il y a 11 ans. Cela ne m'a jamais manqué mais je prends toujours beaucoup de plaisir à regarder les épreuves de compétitions lorsque je rentre à la maison.


Les préparatifs du mariages touchent à leur fin : nous avons repeint la brasserie qui accueillera le dîner, nous continuons de découper, de coller et d'assembler les guirlandes, travaillons les typographies des différents petits panneaux indicateurs. Pour l'instant, pas vraiment de pression et toujours autant de plaisir. Cela me fera sans doute tout bizarre de ne plus rien avoir à préparer une fois le mariage passé. Je suis impatiente d'y être, de faire la fête avec tous les amis rassemblés et même si un léger stress se fait sentir à l'idée de traverser l'église devant tant de monde, j'ai hâte !


Cette semaine, je suis allée découvrir la cuisine du salon de thé Takayanagi (au Mans) : tenu par des japonais, il revisite la pâtisserie française avec des saveurs japonaises. Le midi, ils proposent également un déjeuner ! Cela fait des mois et des mois que je surveillais leurs actualités sur Facebook et Twitter, il me tardait d'aller enfin goûter leurs produits. Je vous prépare un petit article pour très bientôt à ce sujet.
C'est le seul restaurant japonais digne de ce nom dans les parages. Visiblement, les vrais restaurants japonais ont une durée de vie terriblement courte dans cette ville... Les gens semblent préférer les sushis douteux des faux restaurants japonais pas folichons.
J'ai écumé internet à la recherche d'événements, expositions ou association un minimum active en rapport avec le Japon. C'est un désert de tristesse ! J'en suis à un peu plus de la moitié de mon séjour et je suis déjà terriblement en manque.

Instagram est passé aux stories, sa propre version de Snapchat. Moi qui n'aimais pas du tout cette application, j'étais frustrée de louper le partage quotidien futile de beaucoup de personnes qui désormais commencent à revenir partager tout cela sur Instagram.Ô joie !
Ca m'éclate aussi beaucoup, je me sens plus libre de partager des imbécilités sans pourrir mon flux et spammer la planète entière. Mes débuts y sont encore timides mais j'ai beaucoup d'idées pour mon retour sur Paris.


Jul 31, 2016

Je quitte mon job pour devenir artisan


Ca y est ! En cette fin Juillet, je peux enfin l'annoncer ici. Les derniers mois ont été pleins d'organisation et de calculs, d'inquiétudes et d'excitation mais mon projet devient réalité. Je quitte mon travail en entreprise pour revenir à des valeurs qui me sont fondamentales : la proximité des ressources, le fait-main et l'indépendance.

Je n'ai jamais réellement parlé de mon travail sur le blog, surtout par pudeur mais aussi parce que je ne trouve pas facile, dans le secteur du jeu vidéo, de savoir ce qui peut être partagé publiquement ou non.

Au revoir les jeux vidéo

J'ai travaillé comme level designer près de 4 ans sur Just Dance, jeu de danse créé par Ubisoft. Avec mon équipe, nous travaillons sur l'élaboration des chorégraphies et leur jouabilité notamment à la manette et au téléphone. Nous équilibrons la difficulté des mouvements en fonction de la console (Wii U/Wii, PS4/PS3, Xbox One/Xbox 360), remuons beaucoup les fesses pour tester nos réglages, mais nous créons aussi les autodances (petites vidéos en fin de chanson qui immortalisent la honte la classe des joueurs en train de donner tout ce qu'ils peuvent sur les chorégraphies).


Le mois dernier, l'opus 2017 a été annoncé à l'E3 (le plus gros salon international du jeu vidéo). Et c'est avec beaucoup d'émotion que je prend conscience que ce sera mon dernier. J'avais rejoint l'équipe à la fin de Just Dance 4, ai enchaîné avec Just Dance 2014, 2015, 2016 puis 2017. Ce jeu m'aura aussi permis d'approcher le Japon en travaillant sur Just Dance Wii U et Yokai watch dance : Just Dance special edition (vendus exclusivement sur le territoire japonais).

Parce qu'il mêle danse et jeu vidéo, apprentissage et fun , c'est un projet qui me tenait particulièrement à coeur. J'aimais mon métier énormément, et encore plus mon équipe, mais la philosophie de la boîte me convenait de moins en moins (politique d'embauche déplorable, gestion humaine chaotique voire catastrophique et délocalisation de masse). L'enchaînement de contrats précaires en 3 ans et demi et l'impression d'être un simple numéro balayable d'un revers de la main à la fin de chaque mois a eu raison de ma ténacité et de mon moral. Je n'arrivais plus à accepter l'idée de faire preuve de motivation et de bonne humeur chaque jour quand je savais que mon emploi pouvait se retrouver en Inde pour la prod suivante.

Heureusement, j'ai toujours eu la tête pleine de projets plus ou moins farfelus - comme ouvrir une pâtisserie Totoro à Paris - et ces problèmes de précarité m'ont poussée à me réaliser. Pour le moment j'ai une chance inouïe : quand j'ai commencé mes études de graphisme appliqué au jeu vidéo, mon rêve ultime était de travailler à Ankama. J'adorais leur style par dessus tout (et cela se ressent d'ailleurs dans mes croquis). J'ai réussi et ai découvert le métier de level designer chez eux, alors que mes études ne m'y prédisposaient pas spécialement. Puis j'ai ardemment voulu travailler sur Just Dance. J'aimais ce jeu qui mettait des sourires et des paillettes facilement pendant les soirées, où même ceux qui n'osaient pas danser arrivaient finalement à franchir le pas et à s'éclater comme des fous. L'idée de réaliser des situations de jeu et de participer à l'élaboration de chorégraphies pour extravertir des gens, ou les rapprocher l'espace de quelques minutes, c'était le bonheur absolu !


Le pari de l'artisanat

Le 1er Septembre, j'intègre un atelier de Montreuil en reconversion professionnelle. Pendant 9 mois, je vais me spécialiser en création de céramique, tournage et animation d'atelier, débouchant sur un CAP.
Cette formation va me permettre de maîtriser les techniques traditionnelles de la poterie pour pouvoir créer ma propre marque de vaisselle japonaise ! Oui oui : bols, assiettes, plats, théières, nabe...
Ce n'est pas une surprise pour vous, qui voyez défiler les photos de bento et de pâtisseries sur le blog, j'aime la cuisine japonaise à la folie, mais aussi sa mise en scène où chaque détail compte. La céramique est un élément crucial dans le repas et j'aimerais de tout cœur partager cet aspect-là de la culture japonaise tout en essayant d'être le plus éthique possible : fabrication française, avec des matières premières de qualité et insuffler tout l'amour que j'ai de cette culture dans chacune de mes créations. Pour que les personnes qui les utiliseront chez eux soient encore plus heureuses !

Ce n'est pas cet atelier qui va m'apporter le savoir-faire japonais. Pour le moment, et ce depuis Janvier, j'apprends auprès d'une céramiste parisienne qui a tout appris au Japon et qui prend plaisir à me transmettre à son tour ses techniques. Les quelques photos de l'article sont mes tous premiers pas en la matière, les premiers nés si je puis dire.
Cette dame a été ma rencontre coup de cœur cette année, un véritable coup de foudre professionnel ! Elle crée sans assistance machine (hormis un tour), recycle tout, et fabrique ses couleurs elle-même à partir de formules chimiques apprises au Japon.
Une fois la formation passée, avec le bagage que j'aurai, j'espère pouvoir rencontrer des artisans directement chez eux au Japon pour affiner mes connaissances et respecter en détail leurs façons de faire. Car, au delà de la technique, la philosophie et un tas de petits rituels ont une place primordiale dans la création. C'est ce qui a fini de me convaincre de me lancer moi aussi, je crois que j'ai besoin d'enrober le travail de ces petites choses un peu magiques.

A côté de tous ces jolis mots, il y aura aussi la découverte de l'entreprenariat, de sa réalité et de ses moments pas toujours faciles. Mais mes expériences en entreprise, de ce que j'ai aimé ou détesté me serviront à avancer et à trouver le bon équilibre.

Le tout, c'est ne de pas regarder en bas pendant le grand saut !


Copyright Eugénie Rossi. Powered by Blogger.
Les photos portant l'estampille du blog ainsi que les textes ne sont pas libres de droit. Merci de me consulter pour toute utilisation.