Mar 6, 2017

Un point sur ma reconversion artisanale


J'ai envie de vous parler un peu plus de mon quotidien de formation ici. J'en partage des fragments par-ci par-là mais ne m'épanche pas trop dessus autrement, à part avec mon entourage proche. Je n'en parle pas beaucoup car les réactions sont très variées : curiosité, intérêt ou désintérêt et de temps en temps éclats de rire ou jugement : "c'est bien beau, mais... l'argent dans tout ça? "
 Je ne m'attarde jamais sur ce genre de réactions (après tout, moi aussi je pourrais avoir des idées préconçues et bêtes sur les banquiers par exemple !), et ne développerai rien à ce sujet ici. Mais le temps file et les choses prennent doucement forme ! Et ça, c'est chouette !

La première partie de ma formation s'est terminée fin Janvier, avec des pièces libres très agréables. Pour la première fois, j'ai pu m'essayer à la porcelaine que j'ai adorée ! Avec elle, j'ai fait plusieurs formes de bols, un peu au petit bonheur la chance. En sont ressorties des pièces que j'affectionne beaucoup et que je prendrai plaisir à utiliser à la maison. Surtout le Mont Fuji que vous voyez dans cet article, avec son petit émail bleu pâle. Il mérite d'être peaufiné et de perdurer dans la suite de l'aventure, non ?


Nous avons aussi terminé ces 5 mois d'initiation avec un projet personnel à présenter devant jury. J'ai réalisé deux vases ainsi qu'une théière et une tasse, que j'ai hâte de dévoiler ici lorsque tout sera pleinement terminé. Pour le moment, la théière et la tasse ne sont pas encore émaillées, tandis que les vases ont rejoint mon étagère.


Depuis le début du mois de Février, nous avons entamé la deuxième partie de la formation qui nous prépare au CAP tourneur. Au fil des semaines, l'objectif CAP me plait de moins en moins mais j'essaie de ne rien lâcher. Pendant ces quatre mois, nous apprenons les rudiments de la réalisation de pièces en série. C'est un sacré challenge pour moi (très intéressant au demeurant), car cela demande beaucoup de concentration sur une longue durée dont je suis, depuis toujours, incapable. Je passe mon temps à fractionner mon travail avec un peu de Twitter, de Facebook, d'Instagram, de regards perdus par la fenêtre, de pensées évasives... Bref, malgré ma motivation toujours au taquet, j'ai du mal à ne pas procrastiner. Et je crains de le sentir passer jusqu'aux épreuves CAP ! Autant dans ma vie et mes projets de tous les jours, cette procrastination systématique ne m'empêche pas d'être efficace, autant avec un examen un peu bête et méchant en bout de course, je sens que ce n'est plus aussi vrai.


Hormis ce maudit CAP, les choses du futur commencent doucement à se préciser, la recherche de local a commencé, ainsi que la création de micro-entreprise, les budgets, l'identité graphique... Il y a de quoi s'occuper, et toutes ces démarches sont tellement excitantes qu'elles me donnent des ailes. Tout devient réel petit à petit, c'est tout simplement dingue.

J'en profite pour vous partager la page Facebook de ma future boutique : Atelier Tsukumogami. Elle n'est pas encore en activité mais je l'avais créée un peu tôt  pour réserver le nom. Si certains d'entre vous ont envie de suivre les débuts de l'installation et mon travail à venir, n'hésitez pas à la suivre. Car, même si je prendrai plaisir à partager quelques créas et nouvelles concernant la céramique sur le blog, ce dernier continuera d'aborder recettes et activités culturelles japonaises. J'essaierai de ne pas trop mélanger les deux activités.

Ce vilain mot compliqué, Tsukumogami, réunit deux idées qui me sont précieuses : le folklore japonais et la céramique.
Un tsukumogami est un objet du quotidien (vaisselle, vêtement, meuble...) qui prend vie à l'orée de son centième anniversaire. S’il a été bien traité et entretenu, il devient un sympathique esprit qui partage notre vie, mais s’il a été maltraité ou abandonné, il devient farceur et revanchard.
J'aime rêver que les objets que je vais fabriquer peuvent, un jour, devenir des tsukumogamis ! Alors vous avez encore quelques mois pour vous entraîner à prononcer ce mot sans bafouiller ! Vous verrez, rien n'est impossible ! 


Depuis plusieurs mois, en parallèle de la formation, j'essaie d'apprendre la restauration Kintsugi (à la laque et à la poudre de métaux précieux) sur mon temps libre. Elle va de paire avec la création de céramiques, et est une belle façon d'offrir du réconfort aux pièces cassées ou usées par le temps. Ainsi, elles passeront leur centième anniversaire avec plus de sérénité. Oui, je vais au bout de l'idée là !
J'apprends avec des livres et des vidéos. Ce n'est pas toujours facile mais c'est passionnant ! Je récupère la vaisselle cassée de tout mon entourage, répare, recasse, re-répare. Je commence à être à l'aise avec les cassures simples et j'étudie maintenant leur évolution dans le temps pour vérifier la solidité de mes réparations.

J'avais à cœur de partager un peu tout cela ici car un bon nombre d'entre vous me posent des questions au sujet de cette reconversion, me partagent encouragements et impatience. Vous n'imaginez pas comme cette gentillesse me rend légère ! Merci !


Feb 20, 2017

Puchi bentô | Beignets de lentilles corail et onigiri roses


J'avais partagé ce joli gif il y a plusieurs mois sans jamais prendre le temps d'en faire un article recette. Il faut dire qu'il sera court, cet article, car seuls deux éléments de ce bentô n'ont pas déjà été présentés sur le blog.

Ce bentô est végétarien et la recette des beignets de lentilles corail vient du blog Home Nom Nom, où vous pourrez trouver un tas d'autres recettes végétariennes délicieuses.


Grâce à ce bentô, j'ai découvert que je n'aimais pas du tout les mini épis de maïs, que je n'avais jamais goûtés avant. Mais ils décorent bien un bentô, alors il se peut qu'ils réapparaissent dans certaines compositions !

Beignets de lentilles corail (pour une vingtaine de beignets)
- 110g de lentilles corail
- 300g de pomme de terre à chair ferme
- 1 cuillère à café de coriandre moulue
- 1 cuillère à café de curry
- 2 pincées de muscade
- 1 pincée de piment d’Espelette
- Huile végétale
- Farine
- 1 oeuf battu
- Chapelure

Peler et couper les pommes de terre en petits cubes (pommes de terre de la variété Annabelle pour moi). Faire cuire 15 minutes dans de l’eau salée, puis égoutter et réserver.Peser 110 g de lentilles corail et faire cuire 10 minutes dans de l’eau salée. Passer les lentilles dans un chinois. Presser contre les parois du chinois avec le dos d’une grosse cuillère jusqu’à ce que toute l’eau soit éliminée et qu’il ne reste plus que les lentilles.
Mettre les pommes de terre et les lentilles dans un bol. Ecraser à l’aide d’un presse-purée. Ajouter la coriandre, le curry et la muscade. Bien mélanger. Goûter et ajouter une pincée de sel ou d’épices si besoin.
Avec le mélange obtenu, façonner une vingtaine de boulettes.Préparer un bol de farine, un bol de chapelure et un oeuf battu. Passer chaque boulette dans la farine, l’oeuf puis la chapelure et réserver au frigo.
Faire chauffer l’huile végétale dans une poêle à rebords (entre 0,5 et 1 cm d’huile). Quand l’huile est bien chaude, faire frire les boulettes à peu près 1 minute, en prenant soin de les retourner à mi-cuisson pour obtenir une jolie couleur dorée partout.

Onigiri bicolores (x2)
- Riz rond cuit
- Quelques gouttes de colorant rouge
- Vinaigre de riz
- Sel
- Billes de riz soufflé (disponibles chez Umami Matcha café)
- Farce de votre choix 
Lorsque le riz est cuit, ajouter une cuillère à soupe de vinaigre de riz et saler. J'aime quand le riz est bien vinaigré, alors si vous ne savez pas situer votre palais, commencez par une cuillère à café, salez, goûtez puis rectifiez si le goût n'est pas assez prononcé. Je ne mesure jamais la quantité de riz nécessaire pour faire des onigiri, je crois qu'il s'agit d'une cup de riz cru à faire cuire pour 2 ou 3 onigiri (et tout dépend de la taille de ceux que vous voudrez manger aussi).
Séparer le riz équitablement dans deux bols. Dans l'un, ajouter quelques gouttes de colorant rouge. Y aller très doucement, goutte à goutte en mélangeant bien à chaque fois pour avoir l'intensité de rose voulue. Ce serait dommage de se retrouver avec un riz rouge Halloween. 
Préparer la farce. Ici je reste évasive car je ne sais plus du tout ce que j'ai mis dans ces onigiri. Ce peut être tous les légumes possibles, cuisinés, marinés, salés... Mais tout de même assez assaisonnés pour qu'ils tranchent avec le riz.
Se mouiller les mains pour éviter que le riz ne colle pendant la préparation des onigiri. Prendre du riz dans le bol de riz blanc, qui équivaut à la moitié de la taille de l'onigiri final, le disposer dans la paume de la main et creuser un peu le milieu. Ajouter la farce. Prendre du riz rose, de proportion équivalente au riz blanc et recouvrir la farce avec. Faire tourner dans ses mains tout en pressant bien pour que le riz se soude.
Recommencer l'opération (les mains de nouveau mouillées) pour le second onigiri.

Placer les onigiri dans le bentô et finaliser en saupoudrant de quelques billes de riz soufflé. 

Lien vers la recette des tamagoyaki
Lien vers la recette des aubergines sautées. Dans ce bentô, j'en ai coupé une en rondelle et n'ai pas ajouté de poivron. 

Jan 30, 2017

Les cours de japonais à l'association Tenri - Paris


Avant de commencer, si vous n'avez pas encore lu ou vu "Nihonjin no shiranai nihongo" (le japonais que les Japonais ne connaissent pas) d'où cette image est tirée, c'est le moment !

Après ma grosse déception concernant les cours de japonais à la Maison Pop de Montreuil, je n'ai pas voulu lâcher le morceau et me suis inscrite autre part. L'idée étant de persévérer en japonais pour pouvoir partir faire quelques formations de céramique chez des artisans japonais dans un avenir proche, et ce, tout au long de ma vie je l'espère bien ! J'ai eu pas mal de commentaires me disant que le faible niveau de la Maison Pop n'était pas très étonnant puisque les élèves sont souvent là pour le plaisir. Et c'est avec ce paramètre en tête que j'ai décidé d'arrêter de chercher les cours les moins onéreux pour quelque chose de plus constructif. C'est comme ça que j'ai fini chez Tenri !

J'ai commencé à la rentrée de Septembre 2016, et ai attendu plusieurs mois avant d'en parler ici, afin de bien tout peser et analyser ! M'enfin, n'ayez crainte, pour le coup, c'est un article positif qui s'annonce car j'aime beaucoup l'école. Je ne regrette absolument pas le choix.

Tarifs et inscription

J'hésitais entre retourner à SNG qui me plaisait déjà et essayer Tenri. Il faut dire que j'ai entendu beaucoup de commentaires très différents au sujet de cette école, dont quelques négatifs. J'ai donc comparé les choix d'horaires de cours proposés, les formules, les découpes de niveaux mais aussi les tarifs.

Voici le petit comparatif que j'avais fait en Juillet 2016, lorsque j'hésitais entre les deux écoles :

Tenri (1 cours de 2h/semaine)
  • Frais d'inscription : 35€
  • 335€ le semestre (x2) = 670€
  • Manuels scolaires (Minna no nihongo) : 89€
  • Cours d'essai gratuit
  • TOTAL : 794€
SNG (1 cours de 2h/semaine)
  • Frais d'inscription : 30€
  • 263€ le trimestre (x3) = 789€
  • Manuels scolaires (méthode SNG) : ??
  • Cours d'essai gratuit
  • TOTAL : 869€ (+ manuels)
SNG est un petit peu plus chère que Tenri : une différence d'un peu plus de 100€ pour une année entière de cours si l'on compte les livres. Si SNG a ses propres manuels, Tenri utilise le Minna no nihongo que j'avais déjà, me permettant de faire une économie conséquente à l'inscription (89€). 

Evidemment, les prix sont à recalculer car ils doivent évoluer d'une année à l'autre. 

Pour s'inscrire, si l'on n'est pas débutant, il faut passer un test de niveau. Pour ma part il s'est composé d'un rapide entretien oral et d'un test écrit reprenant un grand nombre de points de grammaire. La correction se fait dans la foulée et le niveau est établi. On peut donc s'inscrire immédiatement à l'accueil dans la bonne classe. 
Un avantage de Tenri, c'est le nombre de tranches horaires possibles. J'ai pu choisir le jour qui me convenait le mieux parmi ceux proposés. A l'époque, SNG ne proposait pas cela. Chez eux, un niveau (hors débutant) correspondait à un seul et unique créneau dans la semaine.

Ma classe

Nous sommes 5 élèves à plein temps, et 2 autres qui ont dû venir une ou deux fois. Ce petit effectif nous permet de participer très souvent, et d'avancer à un rythme tout à fait honorable sur l'apprentissage des leçons.
J'ai été placée dans une classe au niveau très légèrement en dessous du mien à la rentrée. Confortable pour me remettre dans le bain. Ces révisions m'ont permis de comprendre des nuances qui m'avaient jusqu'alors échappé et de ré-attaquer l'apprentissage du keigo que je maudis plus que tout mais qu'il faut tout de même que j'intègre un jour. Je suis bien plus à l'aise à l'oral que le reste de mes camarades mais l'écart de niveau est malgré tout très faible : tout le monde est très studieux et comprend vite. Au nouveau semestre, j'entame pour la première fois le 3e manuel du Minna no nihongo (中級), et cela me remet à égalité avec les autres.

La professeure est très gentille, patiente et explique très bien. Elle est réglée comme du papier à musique et tous ses cours sont parfaitement organisés. Le seul défaut que je pourrais trouver à cette classe c'est son manque d'ambiance et d'aisance face à la prof. Personne n'ose prendre la parole... Jamais ! La prof semble nous tirer à bout de bras mais je pense que cette ambiance est un peu due à sa douceur/lenteur. J'ai souvent l'impression que parler ou répondre briserait cette tranquillité propre à notre salle de classe l'espace de deux heures. Alors moi non plus, je ne participe pas beaucoup... C'est dommage, mais je n'ose pas être la seule à répondre sans arrêt.

A la fin de chaque semestre, nous passons un examen afin de savoir si l'on a bien intégré les notions apprises. Si je ne dis pas de bêtise, cet examen nous permet de passer en niveau supérieur ou nous contraint à redoubler si besoin.

Le rythme des devoirs est tout à fait acceptable. Nous n'en avons pas beaucoup à rendre et les révisions se font bien. Ce qui est quand même très pratique lorsque l'on cumule pas mal de travail ou d'activités à côté. Je n'ai pas l'impression de délaisser le japonais ou de faire mes devoirs à l'arrache la veille du cours.

Le lieu 

Le gros plus de Tenri c'est son environnement ! L'école possède une super bibliothèque bien fournie où l'on peut emprunter gratuitement dès lors que l'on est membre de l'association. DVD, manga, livres en français ou en japonais, le choix est assez vaste.
Mais ce n'est pas tout, car beaucoup d'activités (cérémonie du thé, calligraphie, cours de cuisine, ikebana...), d'expositions et de spectacles y sont proposés ! C'est un très bon moyen de se noyer dans la culture japonaise, de la savourer et de découvrir un tas de choses nouvelles.

Les cours de japonais durent 2h, et 5min de pause sont accordées aux élèves entre la première et la deuxième heure. En général nous en profitons pour découvrir les petites expositions organisées au sous-sol, gratuitement. Si au départ une pause me paraissait carrément superflue, maintenant j'aime beaucoup avoir cette possibilité d'enrichir ma veille artistique aussi facilement.

Enfin, mon coin préféré se trouve à l'entrée de la bibliothèque. C'est le tableau des petites annonces et des publicités en rapport avec le Japon à Paris. On y trouve aussi tous les petits magazines gratuits (Zoom Japon, Idées Japon...). J'y rôde toutes les semaines à l'affût des nouveautés !

Bref, vous l'aurez compris, je suis très contente de cette école et je compte bien y rester l'année prochaine encore. En fonction de ce que vous recherchez en apprenant le japonais, et si le coût n'est pas un obstacle, je pense que l'environnement culturel riche de Tenri est un sérieux argument pour le choix de cette école comparé à SNG par exemple (que j'ai beaucoup aimé aussi, attention!).

Dec 11, 2016

Fabriquons du miso blanc


Nous y voilà ! L'année dernière au retour du Japon, j'avais très envie d'essayer de fabriquer mon propre miso. Et ce dimanche a été le grand jour d'ouverture du seau qui a gentiment couvé la fermentation 12 mois durant dans la cuisine.

J'avais commandé un set complet chez Sanga contenant du soja sec, du riz koji et du sel. Le riz koji est un type de riz auquel ont été ajouté des spores d'aspergillus qui permettent la fermentation. La recette donnée par Sanga est (vraiment!) très succincte et j'ai bien fait l'année dernière de participer à l'une de ses "conférences" (organisées à l'espace Cinko pendant le marché de Noël) pour avoir quelques détails en plus. Comme il n'accepte pas de question sur la recette lorsque l'on commande le set, cela peut décourager un peu.

Même si elle est précise, la recette n'est pas compliquée. Le plus important étant de bien noter toutes les caractéristiques de la cuisson, du mélange ou du mixage sur le seau pour essayer de comprendre le goût du miso à l'ouverture. De même, laisser la fermentation se faire dans un coin de chez soi, sans ouvrir le seau et à température ambiante fonctionne très bien. Ce sont les variations de températures de votre quotidien qui donneront un goût unique à votre miso. Je pense que cela ne se ressent pas spécialement sur la première année de fabrication, mais au fil des productions, le palais peut identifier ces changements.
La fabrication du miso se fait en automne et la fermentation ne développe aucune odeur gênante.

Je ne savais pas trop quoi trouver à l'ouverture du seau. Ce n'était pas précisé dans la recette de Sanga. J'y ai découvert une épaisse croûte de moisissure un peu répugnante qui aurait pu laisser penser que l'expérience avait raté. En grattant la surface, la vraie couleur du miso apparaît ainsi que sa texture. Il me restait du miso acheté chez Sanga dans un pot, j'ai pu comparer les deux et me rassurer. Une fois le moisi mis à l'écart, il a fallu goûter ! J'ai pris mon courage à deux mains, pas certaine de l'issue de ma vie à ce moment-là. C'était bon et salé.

Pour tester le miso en conditions réelles, j'ai préparé une petite soupe miso. J'aurais dû m'appliquer davantage lors du mixage du soja, le résultat reste très granuleux et parfois certains grains de soja n'ont pas été mixés du tout. Cela ne gêne en rien sa consommation mais le rend tout de même un peu trop grossier. Même s'ils se dissolvent bien, les restes granuleux de soja donnent plus de corps à la soupe et rassasient très voire trop vite... La prochaine fois, je m'appliquerai plus pour gagner une meilleure consistance.
Ce miso est, selon moi, à cheval entre le miso blanc et le miso rouge. Plus salé qu'un blanc, un peu moins fort qu'un rouge. Peut-être qu'il suffirait de le laisser fermenter dix ou onze mois pour qu'il soit plus doux.

La recette a été écrite l'année dernière, tout de suite après la préparation pour éviter d'oublier des détails cruciaux. A vous d'essayer !


Recette du miso blanc

Ingrédients
- Riz koji 920g
- Soja jeune sec 660g
- Sel 240g
Pour plus de simplicité, il est possible de commander un set complet chez Sanga en spécifiant quel type de miso vous voulez fabriquer.

Matériel à prévoir
- Thermomètre de cuisine
- Seau alimentaire en plastique (que l'on peut trouver facilement chez un restaurateur sympa et partageur)

Trier les grains de soja, retirer ceux qui sont trop foncés, un peu trop verdâtres, fendus bizarrement... Ne garder que les plus beaux. Repeser au besoin pour être certain que le poids est juste.

Tremper le soja dans de l'eau froide pendant 8 heures. Ne pas laisser les grains flotter à la surface. Recouvrir suffisamment car le soja double de volume pendant ces 8 heures.

Faire cuire le soja dans une cocotte minute ou un autocuiseur. Cela peut prendre entre 2h et 5h à couvert jusqu'à ce que les grains aient une texture ressemblant à celle du lobe d'oreille : un peu mou et rebondi. Pour vérifier, il suffit d'écraser un grain voir s'il se réduit en purée facilement. Personnellement ca m'a pris 5 bonnes heures avant d'avoir la texture adéquate. La peau se sépare des grains pendant la cuisson, c'est normal !

Egoutter le soja tout en récupérant bien l'eau de cuisson. Le placer dans un gros seau alimentaire en plastique et bien écraser tous les grains en purée. En cas de besoin, il est possible d'utiliser un mixeur plongeur. Si la pâte est trop sèche, ne pas hésiter à ajouter un peu d'eau de cuisson.
Laisser refroidir la pâte jusqu'à 40 degrés avant d'y incorporer le riz koji. Cette température doit être respectée : au dessus de 50 degrés, la bactérie du natto peut se développer et changer le processus de fermentation. En dessous de 40 degrés, la bactérie du riz koji sera moins efficace. Il vaut donc mieux surveiller l'évolution de la température à l'aide d'un thermomètre de cuisine.

Pendant que le soja refroidit tranquillement dans le seau, mélanger ensemble le sel et le riz koji. Prendre le temps de bien le faire, en frottant les 2 ingrédients dans les mains au dessus du récipient pour parfaitement bien mélanger. En plus d'être efficace, ca masse les paumes de main !

Ajouter le mélange de sel et de riz koji au soja arrivé à 40 degrés. Là aussi, ne pas hésiter à ajouter un peu d'eau de cuisson si le malaxage est difficile. Il ne faut pas que ce soit trop sec ni trop humide : la consistance ressemble un peu à celle d'une pâte à cookies. Bien prendre le temps de parfaitement mélanger l'ensemble.

Veiller à ne laisser aucun trou ou bulle d'air dans la pâte en l’aplanissant bien dans le seau. C'est important pour une bonne fermentation. Fermer le seau et le couvrir d'un poids au moins aussi lourd que le seau de miso lui-même. Sans cela, la fermentation risque de repousser le couvercle.
Laisser fermenter 1 an tranquillement à température ordinaire.
 Le miso est vivant, plus il vit nos écarts de température saisonniers plus il sera bon. C'est aussi ce qui lui donnera un goût unique : celui du temps qu'il a fait durant l'année de patience.

Noter sur le seau toutes les caractéristiques de la préparation afin de bien s'en souvenir au moment de la dégustation (soja trop cuit, ajout d'eau pendant le mélange, temps de cuisson plus long que la normale...).
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